Autorisations d’urbanisme
Permis de construire et déclaration préalable en Martinique
Le dossier décide du délai
Un projet de construction ou d’extension passe presque toujours par une autorisation d’urbanisme. Le type d’autorisation dépend de la surface créée et de la zone du plan local d’urbanisme. Le délai réel, lui, dépend surtout de la qualité du dossier déposé.
Cette page récapitule les seuils, les pièces à fournir, les délais d’instruction, les règles propres à la Martinique et les motifs de refus les plus courants.
Déclaration préalable ou permis de construire : les seuils
Trois situations se présentent, selon la surface créée et l’emplacement du terrain. En dessous de 5 mètres carrés de surface de plancher et d’emprise au sol, une extension ne demande aucune formalité. Entre 5 et 20 mètres carrés, une déclaration préalable suffit. Au-delà, le permis de construire devient nécessaire.
Le seuil de 20 mètres carrés est relevé à 40 mètres carrés pour l’extension d’un bâtiment existant situé en zone urbaine d’une commune couverte par un plan local d’urbanisme. Hors de ces zones, ou dans une commune soumise au règlement national d’urbanisme, le plafond reste à 20 mètres carrés.
Deux situations font basculer le projet en permis de construire quelle que soit la surface ajoutée : lorsque la surface de plancher totale dépasse 150 mètres carrés après travaux, et lorsque les travaux modifient les structures porteuses ou la façade en s’accompagnant d’un changement de destination.
- Jusqu’à 5 m2 : aucune autorisation pour une extension.
- De 5 à 20 m2 : déclaration préalable.
- De 20 à 40 m2 : déclaration préalable en zone urbaine couverte par un PLU, permis de construire ailleurs.
- Au-delà de 40 m2 : permis de construire.
- Plus de 150 m2 de surface de plancher au total après travaux : permis de construire et architecte obligatoire.
Les pièces du dossier
Pour une maison individuelle, le dossier de permis de construire repose sur huit pièces numérotées PCMI 1 à PCMI 8. La numérotation est attendue par les services instructeurs et chaque pièce doit porter sa référence en en-tête.
La pièce qui pose le plus de difficultés est le plan de masse. Il doit être coté dans les trois dimensions, situer la construction par rapport aux limites de propriété, indiquer les niveaux, les accès, les réseaux et le traitement des eaux pluviales. Un plan de masse incomplet est le premier motif de demande de pièces complémentaires.
Selon le terrain et la commune, des pièces s’ajoutent : attestation de prise en compte des règles parasismiques et paracycloniques, étude géotechnique, accord de l’architecte des bâtiments de France en secteur protégé, autorisation de rejet, étude d’assainissement non collectif.
- PCMI 1 : plan de situation du terrain dans la commune.
- PCMI 2 : plan de masse coté des constructions à édifier ou à modifier.
- PCMI 3 : plan en coupe du terrain et de la construction.
- PCMI 4 : notice décrivant le terrain et le projet.
- PCMI 5 : plan des façades et des toitures.
- PCMI 6 : document graphique d’insertion dans l’environnement.
- PCMI 7 : photographie de l’environnement proche.
- PCMI 8 : photographie de l’environnement lointain.
Les délais d’instruction, et ce qui les allonge
Le délai d’instruction court à partir du dépôt d’un dossier complet. Il est d’un mois pour une déclaration préalable, de deux mois pour un permis de construire portant sur une maison individuelle et ses annexes, de trois mois pour les autres projets.
En secteur protégé, aux abords d’un monument historique ou dans un site classé, ces délais sont majorés d’un mois : deux mois pour une déclaration préalable, trois mois pour une maison individuelle, quatre mois pour les autres projets.
Si le dossier est incomplet, la mairie réclame les pièces manquantes dans le mois qui suit le dépôt. Vous disposez alors de trois mois pour répondre, et le délai d’instruction ne repart qu’à la réception de la dernière pièce. Un oubli au dépôt coûte donc rarement quelques jours, mais souvent plusieurs semaines.
L’absence de réponse à l’expiration du délai vaut en principe accord tacite. Mieux vaut cependant demander un certificat attestant de cette non-opposition avant d’engager les travaux.
- Déclaration préalable : 1 mois, 2 mois en secteur protégé.
- Permis de construire, maison individuelle et annexes : 2 mois, 3 mois en secteur protégé.
- Permis de construire, autres projets : 3 mois, 4 mois en secteur protégé.
- Dossier incomplet : demande de pièces sous 1 mois, 3 mois pour compléter, délai remis à zéro.
Ce que le PLU de votre commune impose
Le code de l’urbanisme fixe la procédure, le plan local d’urbanisme fixe ce qui est constructible. C’est lui qui détermine l’emprise au sol admise, la hauteur maximale, les reculs par rapport aux limites, les places de stationnement, les teintes et matériaux, la part de terrain à laisser perméable.
Deux terrains voisins de taille identique peuvent supporter des projets très différents s’ils ne relèvent pas de la même zone. Lire le règlement de la zone concernée avant de dessiner est la seule manière d’éviter de concevoir un projet irrecevable.
En Martinique s’ajoutent des servitudes que le règlement de zone ne porte pas toujours : plan de prévention des risques naturels, zones de submersion et de mouvement de terrain, bande littorale, périmètres de protection de captage. Le certificat d’urbanisme permet de faire le point avant d’engager des études.
Les règles propres à la Martinique
La Martinique est classée en zone de sismicité 5, la plus élevée du territoire national. La règle applicable est l’Eurocode 8. Pour les maisons individuelles de forme simple dont la surface de plancher n’excède pas 200 mètres carrés, le guide CPMI-EC8 zone 5 Antilles, approuvé par arrêté du 30 décembre 2020 et applicable aux constructions à partir du 1er janvier 2021, propose des dispositions constructives forfaitaires qui dispensent du calcul complet.
Les logements neufs dont la demande de permis ou la déclaration préalable a été déposée depuis le 1er juillet 2016 relèvent de la réglementation thermique, acoustique et aération propre aux départements d’outre-mer. Trois arrêtés en fixent les exigences : couverture d’au moins la moitié des besoins en eau chaude sanitaire par l’énergie solaire pour chaque logement, performances acoustiques des parois séparatives, et priorité donnée à l’aération naturelle sur la ventilation mécanique.
La protection des bois de structure contre les termites est par ailleurs obligatoire en construction neuve, le département étant déclaré contaminé en totalité. Le dossier doit en rendre compte.
- Zone de sismicité 5 : Eurocode 8, ou guide CPMI-EC8 zone 5 Antilles jusqu’à 200 m2 de surface de plancher pour une maison de forme simple.
- Réglementation thermique, acoustique et aération outre-mer pour les logements neufs depuis le 1er juillet 2016.
- Eau chaude sanitaire solaire : la moitié des besoins au minimum, logement par logement.
- Aération naturelle privilégiée sur la ventilation mécanique.
- Protection des bois de structure contre les termites en construction neuve.
Affichage, validité, recours des tiers
L’autorisation obtenue doit être affichée sur le terrain, sur un panneau rectangulaire dont les dimensions dépassent 80 centimètres, visible depuis la voie publique, pendant toute la durée du chantier. Le panneau mentionne le numéro du permis, la nature du projet, la superficie du terrain, le nom de l’architecte s’il y en a un, et rappelle les voies de recours.
Le permis de construire est valable trois ans à compter de sa notification. Les travaux doivent être engagés dans ce délai et ne pas être interrompus plus d’un an de suite. La validité peut être prolongée deux fois pour un an, à condition que les règles d’urbanisme n’aient pas changé. La demande de prolongation se dépose au moins deux mois avant l’expiration.
Les tiers disposent de deux mois pour contester l’autorisation devant le tribunal administratif, ce délai courant à partir du premier jour d’un affichage continu de deux mois. Un affichage interrompu ou illisible repousse d’autant le point de départ, ce qui laisse la porte ouverte plus longtemps qu’il ne faudrait.
- Panneau rectangulaire de plus de 80 cm, visible de la voie publique, pendant toute la durée des travaux.
- Validité du permis : 3 ans, prolongeable deux fois un an.
- Demande de prolongation : au moins 2 mois avant l’expiration.
- Recours des tiers : 2 mois à compter du premier jour d’un affichage continu de 2 mois.
Les motifs de refus les plus fréquents
Un refus est presque toujours motivé par un écart au règlement de zone, rarement par un jugement esthétique. Les points qui reviennent : emprise au sol ou hauteur dépassées, recul insuffisant par rapport à une limite, stationnement non prévu, aspect extérieur non conforme aux prescriptions de teintes ou de matériaux, gestion des eaux pluviales absente.
Viennent ensuite les dossiers recevables mais incomplets, qui ne sont pas refusés mais suspendus. Un plan de masse non coté, l’absence de document d’insertion, des photographies inexploitables ou une notice qui ne décrit pas le terrain suffisent à déclencher une demande de pièces.
Enfin, certains projets se heurtent à une servitude que le demandeur ignorait. Un certificat d’urbanisme obtenu en amont, puis un travail sur le règlement de zone, coûtent moins cher qu’un dossier à reprendre.
Ce que nous prenons en charge
Le montage d’un dossier d’urbanisme fait partie des missions de KAZ HABITAT CONCEPT. Cela couvre la lecture du règlement de zone, la vérification de la faisabilité, l’établissement des pièces graphiques et de la notice, la constitution du dossier et son dépôt, puis le suivi de l’instruction et les réponses aux demandes de la mairie.
Ce travail peut être confié seul, en mission partielle, ou s’inscrire dans une mission de maîtrise d’œuvre plus large qui se poursuit par la consultation des entreprises et le suivi du chantier.
- Lecture du règlement de zone et des servitudes applicables au terrain.
- Vérification de faisabilité avant toute production de plans.
- Pièces graphiques, notice, document d’insertion, photographies.
- Dépôt, suivi de l’instruction, réponses aux demandes de pièces.
- Suite possible : consultation des entreprises et suivi d’exécution.
Questions fréquentes sur les autorisations d’urbanisme
Quelle surface peut-on construire sans autorisation ? +
Jusqu’à 5 mètres carrés de surface de plancher et d’emprise au sol, une extension ne demande aucune formalité. Au-delà, une déclaration préalable est nécessaire, puis un permis de construire selon la surface créée et la zone du plan local d’urbanisme.
Combien de temps prend l’instruction d’un permis de construire ? +
Deux mois pour une maison individuelle et ses annexes, trois mois pour les autres projets, à compter du dépôt d’un dossier complet. Ces délais sont majorés d’un mois en secteur protégé. Un dossier incomplet ne fait repartir le délai qu’à la réception de la dernière pièce.
Une extension de 30 mètres carrés demande-t-elle un permis ? +
Elle relève de la déclaration préalable si le bâtiment se trouve en zone urbaine d’une commune couverte par un plan local d’urbanisme, et du permis de construire ailleurs. Dans tous les cas, un permis est requis si la surface de plancher totale dépasse 150 mètres carrés après travaux.
Combien de temps le permis reste-t-il valable ? +
Trois ans à compter de sa notification. Les travaux doivent commencer dans ce délai et ne pas s’interrompre plus d’un an de suite. La validité peut être prolongée deux fois pour une année, sur demande déposée au moins deux mois avant l’échéance.
Pendant combien de temps un voisin peut-il contester ? +
Deux mois, à compter du premier jour d’un affichage continu de deux mois sur le terrain. C’est l’affichage régulier qui fait courir le délai, donc le retirer trop tôt prolonge la période d’exposition au recours.
Faut-il un architecte pour déposer un permis en Martinique ? +
La règle est nationale : oui au-delà de 150 mètres carrés de surface de plancher après travaux pour une personne physique, oui dans tous les cas pour une société. En dessous, un maître d’œuvre peut établir et déposer le dossier.
Faites vérifier la faisabilité avant de dessiner
Adresse du terrain, surface envisagée, nature des travaux : ces trois informations suffisent pour dire quelle autorisation s’applique et quelles contraintes de zone vont peser sur le projet.