Désordres du bâti
Termites et insectes xylophages en Martinique
Un département entièrement classé
La Martinique est déclarée contaminée par les termites sur l’ensemble de son territoire, par arrêté préfectoral du 26 avril 2001. Toutes les communes sont concernées, ce qui a deux conséquences directes : un état relatif à la présence de termites doit être joint à toute vente de bien bâti, et la protection des bois de structure est obligatoire en construction neuve.
Cette page explique comment reconnaître une attaque, ce que dit la réglementation, et ce qu’un examen technique du bâti permet d’établir lorsque les dégâts touchent la structure.
Pourquoi le climat antillais est favorable aux termites
Chaleur constante, humidité élevée, absence de saison froide : les conditions qui limitent l’activité des termites en métropole n’existent pas ici. Les colonies restent actives toute l’année et les cycles de développement sont plus rapides.
Deux familles se rencontrent principalement en Martinique. Les termites souterrains, dont Coptotermes gestroi, vivent dans le sol et remontent vers le bois par des galeries qu’ils construisent à l’abri de la lumière. Les termites arboricoles du genre Nasutitermes établissent des nids visibles sur les arbres et les structures, et progressent par des cordonnets le long des façades.
La végétation dense, les souches laissées en terre, le bois stocké au contact du sol et les zones d’humidité permanente entretiennent la pression sur le bâti. Un terrain propre et sec ne garantit rien, mais un terrain encombré et humide facilite nettement l’installation.
Reconnaître une attaque
Les termites souterrains travaillent à l’intérieur du bois et ne laissent presque rien voir. C’est ce qui rend la détection tardive : au moment où un signe apparaît en surface, la section du bois est souvent déjà entamée.
Les indices se cherchent aux endroits où le bois touche la maçonnerie ou le sol : plinthes, bas de huisseries, seuils, appuis de solives, pieds de charpente. Un bois qui sonne creux sous le doigt, qui cède sous une pointe, ou dont la peinture cloque sans trace d’eau, mérite un examen.
L’essaimage est le signe le plus visible. À certaines périodes, des individus ailés quittent la colonie, s’envolent, puis perdent leurs ailes. Des amas d’ailes identiques au pied d’une fenêtre ou près d’une source de lumière indiquent une colonie active à proximité immédiate.
- Cordonnets de terre agglomérée courant sur les murs, les poteaux ou les façades.
- Bois qui sonne creux, s’enfonce sous une pointe ou se délite en lamelles.
- Peinture ou enduit qui cloque en l’absence de trace d’humidité.
- Amas d’ailes abandonnées après un essaimage, souvent près des ouvertures.
- Nids visibles sur les arbres, les clôtures ou les structures extérieures.
Ce que dit la réglementation
Dans une zone délimitée par arrêté préfectoral, l’état relatif à la présence de termites fait partie du dossier de diagnostic technique remis à l’acquéreur lors d’une vente. Toute la Martinique étant concernée, l’obligation s’applique à l’ensemble du département.
Ce document a une validité de six mois à la date de la vente et doit être établi par un diagnostiqueur certifié. Il constate la présence ou l’absence d’indices au moment de la visite, dans les parties visibles et accessibles, ce qui n’est pas la même chose qu’une garantie d’absence de termites.
Une seconde obligation pèse sur les occupants et les propriétaires : la présence de termites doit être déclarée en mairie dès qu’elle est connue. Enfin, en construction neuve, la protection des bois de structure et des matériaux à base de bois à vocation structurelle est imposée par l’arrêté du 27 juin 2006, modifié en 2014.
- Arrêté préfectoral du 26 avril 2001 : la Martinique est déclarée contaminée en totalité.
- État relatif à la présence de termites obligatoire à la vente, validité six mois, établi par un diagnostiqueur certifié.
- Déclaration en mairie de toute présence connue de termites.
- Protection des bois de structure obligatoire en construction neuve, arrêté du 27 juin 2006 modifié.
Ce que KAZ EXPERT fait, et ce qu’il ne fait pas
Deux interventions sont à distinguer, car elles n’ont ni le même objet ni le même cadre. L’état relatif à la présence de termites est un diagnostic réglementaire : il est délivré par un diagnostiqueur certifié, selon un protocole normé, pour être joint à un acte de vente. KAZ EXPERT ne délivre pas ce document.
L’examen technique du bâti répond à une autre question : quelles sont les conséquences des attaques constatées sur la structure, et que faut-il en faire. Il porte sur les sections de bois affaiblies, la reprise des charges, la capacité portante des éléments touchés, puis sur les travaux nécessaires et leur ordre de priorité.
Les deux approches se complètent. Un état parasitaire signale des indices ; il ne dit pas si une solive doit être remplacée, si une charpente peut être conservée, ni ce que coûtera la réparation.
Le traitement lui-même relève d’entreprises spécialisées. KAZ EXPERT n’applique aucun traitement et ne vend aucun produit, ce qui lui permet de dire ce qui est nécessaire sans être partie prenante.
Quand les dégâts atteignent la structure
Une attaque ancienne peut avoir réduit la section utile d’une pièce de bois sans que rien ne se voie en surface. Les éléments les plus exposés sont ceux qui travaillent et qui touchent la maçonnerie : sablières, pannes, solives d’about, poteaux en pied, planchers bois posés sur murs porteurs.
L’examen cherche à établir ce qui reste portant. Cela passe par des sondages, la mesure des sections résiduelles, la vérification des appuis et l’identification des charges reprises par l’élément touché. Un désordre visible au plafond peut venir d’une solive dont l’appui a disparu, et non de la solive elle-même.
La conclusion oriente la réparation : renforcer, doubler, remplacer partiellement ou remplacer l’élément. En zone de sismicité 5, la continuité des liaisons entre planchers, murs et charpente compte autant que la section des pièces, ce qui interdit les réparations ponctuelles qui rompent un chaînage.
Prévention en construction neuve et en rénovation
En neuf, la protection se joue à la conception. Elle combine une barrière entre le sol et la structure, le choix d’essences ou de traitements adaptés pour les bois de structure, et des dispositions qui rendent la construction contrôlable : parties basses visitables, vides techniques accessibles, absence de contact direct entre bois et terre.
En rénovation, le principe est le même sans pouvoir tout reprendre. On supprime les contacts entre bois et sol, on rétablit la ventilation des vides sanitaires et des combles, on éloigne les stockages de bois et les végétaux des façades, on traite les sources d’humidité qui rendent le bois attractif.
L’humidité est le facteur d’aggravation le plus constant. Un bois humide est plus facilement attaqué, et une attaque prospère plus vite dans une zone qui ne sèche jamais. Traiter une infiltration fait donc partie de la prévention des termites.
- Barrière entre le sol et les bois de structure, prévue dès la conception.
- Aucun contact direct entre bois et terre, y compris pour les ouvrages extérieurs.
- Parties basses et vides techniques laissés visitables.
- Ventilation effective des vides sanitaires et des combles.
- Stockages de bois et végétation éloignés des façades.
Acheter un bien bâti en Martinique
L’état relatif à la présence de termites est remis à l’acquéreur, mais il est rarement lu pour ce qu’il est. Il constate des indices à une date donnée, dans les parties visibles et accessibles. Il ne quantifie pas l’atteinte structurelle et ne chiffre aucun travaux.
Sur un bien ancien, la question utile est différente : quels éléments porteurs sont concernés, quel est le coût des reprises, et ce coût doit-il entrer dans la négociation. C’est ce que fournit un audit technique avant achat, mené avant la signature de la promesse ou pendant le délai de rétractation.
Deux risques se cumulent souvent sur le même bien en Martinique : l’atteinte du bois par les termites et l’altération des aciers ou des maçonneries par l’humidité. Les examiner ensemble évite de découvrir le second après avoir budgété le premier.
Questions fréquentes sur les termites en Martinique
Le diagnostic termites est-il obligatoire en Martinique ? +
Oui. La Martinique est déclarée contaminée en totalité par arrêté préfectoral du 26 avril 2001, donc l’état relatif à la présence de termites doit être joint au dossier de diagnostic technique de toute vente de bien bâti, dans toutes les communes.
Combien de temps un état parasitaire reste-t-il valable ? +
Six mois à la date de la vente. Au-delà, il doit être refait. Il doit par ailleurs être établi par un diagnostiqueur certifié pour être opposable.
KAZ EXPERT réalise-t-il le diagnostic termites obligatoire ? +
Non. Ce diagnostic réglementaire relève d’un diagnostiqueur certifié. KAZ EXPERT intervient sur une autre question : les conséquences des attaques sur la structure, les reprises nécessaires et leur ordre de priorité.
Comment savoir si ma maison est attaquée ? +
Les indices se cherchent là où le bois touche le sol ou la maçonnerie : plinthes, bas de portes, seuils, appuis de solives, pieds de charpente. Un bois creux au toucher, des cordonnets de terre sur un mur ou des amas d’ailes après un essaimage justifient un examen.
Faut-il traiter ou remplacer le bois attaqué ? +
Les deux questions sont distinctes. Le traitement vise la colonie et relève d’une entreprise spécialisée. Le remplacement dépend de la section de bois qui reste portante, ce qui se détermine par sondage et vérification des appuis.
Une construction neuve doit-elle être protégée contre les termites ? +
Oui. La protection des bois de structure et des matériaux à base de bois à vocation structurelle est imposée en construction neuve par l’arrêté du 27 juin 2006, modifié en 2014, dans les départements couverts par un arrêté préfectoral.
Documentez ce que vous observez
Photographies d’ensemble et de détail, localisation des indices, date d’apparition, travaux récents et épisodes d’humidité : ces éléments permettent de préparer la visite et de cibler les sondages utiles.